Le feuilleton de l'été - Episode premier

Publié le par docteurvander

Épisode premier: Qui est Michel ?

« Halalaaa ! Comme la nature est bien faite et mystérieuse ! » Oui ces formules pompeuses vous les avez déjà entendues et de suite vous avez pris pour habitude de changer de chaîne dès qu’on vous raconte une énième facette du comportement des dauphins, des lions ou des crabes de je ne sais plus quelle île du pacifique de peur de vous laisser prendre par une envie foudroyante de sieste, bercé par la voie d’un commentateur animalier… que l’on devine porter une barbe poivre et sel (une étude statistique récente démontre en effet que 79,8% des commentateurs animaliers portent une barbe poivre et sel).


Oui mais pourtant… Pourtant ça vaut le coup de tendre un peu l’oreille parfois ! Ici je vais vous parler de Spinochordodes tellinii, que nous appellerons Michel, pour un plus grand confort de lecture et aussi pour augmenter son capital sympathie. Michel est donc un Nématode. Les nématodes ce sont des vers. Pour les situer un peu dans le règne animal ils se trouvent juste après les Protozoaires, c'est-à-dire les animaux unicellulaires (constitués, comme leur nom l’indique d’une seule et même cellule qui sait faire plein de trucs… comme les bactéries par exemple). Bref des vers basiques. Parmis ces vers il y a notamment, l’embranchement des Nemathelminthes et  parmis lesquels on retrouve la classe des Nématodes. C’est là que se trouve Michel. Ce que j’ai oublié de vous dire c’est que Michel est un parasite. Oui, son capital sympathie en prend un coup mais il faut dire qu’il est dans une classe de durs à cuirs et que ça ne l’a pas aidé pour son éducation… Dans cette classe on retrouve de grands noms du parasitisme dont les célèbres Ascaris lumbricoides, pas bien méchants mais qui touchent quand même 25% des humains (dont 70% chez les enfants). Juste pour vous donner un exemple de comment fonctionne un « cycle parasitaire » je vais détailler celui de l’ascaris, qui j’en suis sur, vous intéresse bien plus depuis que vous avez pris connaissance de ces pourcentages… (surtout quand on sait que ce n’est pas dans un pays d’Afrique perdu que l’endémie est la plus importante mais bien en France ! :D ). L’Ascaris fonctionne donc ainsi : On ingère une ptite larve encapsulée qui traîne dans notre environnement quotidien… ( et oui car lors du stade infestant la femelle Ascaris lâche 200 000 œufs par jour dans la nature…). Une fois ingéré, le bestiaux doit poursuivre son développement… Petit Ascaris deviendra grand (jusqu’à 25 cm !) et pour ça il va emprunter un circuit très touristique. Il va faire un tour dans notre circulation sanguine jusqu’à passer à proximité d’un poumon. Hop il saute du train en marche et se retrouve dans les alvéoles pulmonaires. Nous on aime pas trop ça alors on tousse pour le déloger le vilain Ascaris et hop il se retrouve expulsé dans la trachée… On ravale et il poursuit sa course à travers le pharynx, puis l’intestin grêle et enfin le colon. C’est là que les femelles décident de faire une halte. Elles s’arriment bien comme y faut à l’anus et relâchent leurs œufs dans le milieu externe via le… les… le caca quoi. Enfin, entre deux passages sur la cuvette il semblerait qu’elle soit joueuse, la bêbête, et qu’elle s’amuse à faire des chatouilles. Les enfants qui sont les plus touchés par l’Ascaris se grattent donc allégrement le derrière entre deux constructions de légo et ne manqueront pas de mettre leurs doigts à la bouche dans les 10 minutes qui suivent. Et hop, un nouvel œuf est ingéré et la boucle est bouclée. OK c’était un peu long mais ça vous donne une idée de l’ingéniosité de ces bestioles. Dans la classe de Michel il y avait aussi les Ankylostomes qui aime à se nourrir du sang de leur hôte, les Oxyures qui peuvent atteindre 12 mm et qui provoquent des troubles intestinaux et nerveux, les bons vieux Trichocépales qui, une fois installés confortablement dans le colon peuvent y rester de 5 à 10 ans, j’en passe et des meilleurs comme les filaires qui entraînent des « complications » que je vous laisse découvrir en images


Voilà un peu les fréquentations de Michel… c’est du propre, hein ! Et bien sachez que si je tiens à vous parler de lui c’est qu’il est capable de bien d’autres prouesses ! Enfin, rassurez vous, celles-ci ne touchent pas l’homme…
Mais de quoi est capable le terrrrriblement ingénieux parasite Michel ? Qu’est ce qui fait que de si petits organismes soient aussi « intelligents » ? A quand la suite de cette saga palpitante ?!... La réponse à toutes ces questions très très bientôt!

 

 

 

Publié dans Sciences

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Commenter cet article

Tibo 21/06/2006 20:07

Quel gros batard ce michel, en fait
(sympa les filaires)

Chewy 12/06/2006 00:18

Moi qui pensait que tous les Michel étaient sympas!!!Du coup tu m'inquiètes car j'avoue que j'ai une manie de me gratter l'entre-deux fesses, alors quand j'invite des gens à manger ou à prendre l'apéro et que je me gratte, je risque de mettre des oeufs sur la nourriture: riz, cacahuètes, tomates, etc.Mais c'est grave, faut que je prévienne les gens... ah bein tiens, je te préviens...